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Le Noir

July 24, 2019 julie huitric

Indémodable, intemporel, comme éternel, le Noir mérite une majuscule.

En étudiant les marbres en Art décoratifs, j'ai été touchée par les noirs, si profonds, si lisibles. Chaque veine raconte une histoire écrite depuis des milliers d'années, comme un langage immuable étroitement lié à notre propre histoire. La lecture des noirs et de leur transparence me laisse toujours rêveuse.

Lorsque je travaille la peinture sur toile le noir est souvent le fil directeur et sur le papier on retrouve toujours l'encre de chine... c'est certain j'ai un petit faible pour cette couleur.

Alors en commençant dans le meuble, elle s'est évidement imposée à moi et est devenue ma signature. Et lorsque c'est un meuble habillé d'un marbre blanc, l'utiliser est irrésistible. Une alliance qui en impose, chacun devient plus fort, plus soutenu parce que l'autre le met en valeur, c'est le principe du contraste.

Ils s'opposent mais se complètent, le marbre jouant de sa transparence, de sa froideur et de son inavouable fragilité tandis que le noir vient rassurer et donner la profondeur nécessaire à cette union. Si quelques éléments en bronze ou en laiton se glissent dans ce mariage, c'est le coup de foudre!

 

Couleur neutre vivant plus qu'aucune autre, elle varie en fonction de la lumière, se parant tantôt de reflets chauds cuivrés tantôt froids bleutés, ou vit simplement au grès de jeux d'ombres et de lumières, en fonction des lignes, des courbes et cannelures.

Un nuage, un rayon de soleil, un sol chaud, une ombre qui passe, et le noir prend vie, il capte tout. Sur un meuble, la lumière, les lignes, les courbes, les cannelures, les défauts, se dessinent et se redessinent sans cesse.

Un meuble en couleur impose un univers compris dans son ensemble, dépendant de ce qui l'entoure, des autres couleurs et meubles. Tandis qu'un meuble noir lui n'impose rien, il s'auto-suffit, comme indépendant du reste. Et donc contrairement aux idées reçues il est très facile à marier car il ne jure avec rien.

 

Comment en parler sans évoquer le grand Pierre Soulages et son travail sur la lumière du noir? Déjà petite il me sensibilisait par l'intensité, la radicalité de son travail. Il avait le pouvoir de faire jaillir la lumière de l'obscurité, de créer des émotions fortes sans aucune image ni représentation. 

C'est peut être la couleur qui fait le plus peur, probablement parce qu'inconsciemment elle nous rappelle la naissance et la mort, le commencement et la fin. Mais, premier pigment préparé par l'homme, aujourd'hui il est partout... art, mode, décoration, par petite touche ou grand parti pris, il revient sur le devant de la scène et s'impose pour mon plus grand plaisir.

LE NOIR

Et vous? L'oserez vous?